dimanche 9 novembre 2014

Une interview avec Marc Baron (Octobre 2014)

Amené début Octobre par un ami à une soirée Little Festival organisé à Tours à la Chapelle Sainte-Anne, (notamment pour voir Eric Brochard de l’Arfi, que nous connaissons depuis la résidence qu’ont fait le collectif Lyonnais à l’Université François Rabelais en 2013), je vis de superbes concerts, mais s’il y en a un qui m’a dérouté, c’est bien celui de Marc Baron. Je connaissais très peu son univers, juste quelques bribes en discutant avec des gens dans la salle (le passage du saxophone à l’électroacoustique, de l’improvisation libre à une pratique très contrôlée…). mais ressortit impressionné. L’artiste, en guise de présentation, précisa que le volume sera très fort, et que les gens qui pourraient être indisposés (enfants, personnes âgées…) étaient invités à prendre des précautions ou à partir si besoin. Il poussa quelques boutons. Puis vint un genre de tempête émotionnelle.

Je ne savais pas ce que je ressentais exactement, ce n’est pas comme avec Merzbow où on se tait et on vibre, là on essaie de suivre des sons très différents, des mélodies, des nappes, des choses violentes, douces, des histoires, des textures… Au plaisir dionysiaque de la submersion se succéda très vite toute une complexité, des formes lisibles mais riches, tandis que l’artiste, devant ses machines, restait imperturbable.  J'étais impressionné et surtout troublé par les nombreuses questions et inquiétudes qui assaillaient mon crâne qui n’en demandait pas tant. J’ai donc bondi sur Marc Baron pendant qu'il rangeait son matériel pour lui demander un moment de discussion pour des précisions, des choses sur sa pensée, ce qu’il accepta volontiers pour le lendemain matin. Cet entretien me fit voir, au-delà du technicien concentré, de l’espèce de rituel ésotérique qu’est pour moi un travail électronique, le musicien en proie aux doutes, aux peurs mais refusant le confort, et cherchant une confrontation avec sa création qui lui soit au final fructueuse. Un humain, après tout (pardon, c’était facile).


(visuel: Octobre)

Pourquoi avoir choisi les cassettes ? Avant, tu faisais du saxophone, c’est bien ça ?
Oui, je viens de l’instrument, j’ai fait du saxophone pendant quinze ans, et ma pratique a été de plus en plus contrainte, et ce, jusqu’à arriver à une sorte de « point d’impossible ». Je réduisais le matériau dans mes improvisations, et je n’arrivais pas du tout à me placer dans un rapport sain à cet outil (l’improvisation), car les résultats formels me paraissaient toujours insuffisants, j’étais plutôt une sorte d’interprète contrarié. Donc je me retrouvais à me mettre dans des postures ultra contraignantes, que ce soit au niveau du corps (un immobilisme absolu), ou au niveau du matériau sonore  (je jouais seulement des hauteurs les plus pures possibles, sans variation)… Et puis je commençais à fabriquer des sortes d’environnements, afin d’y prendre une place qui était censée prendre une espèce de valeur pour moi. Au fur et à mesure, je me suis rendu compte que ce que je cherchais était plus ou moins un travail électroacoustique, je  tordais l’instrument à un point où il n’était plus justifié. Mais je suis vraiment content d’être arrivé à un point où je me suis rendu compte que le saxophone n’était plus le bon outil pour faire ce que je voulais faire. J’ai tout naturellement laissé l’instrument de côté, et je suis donc passé à la bande, parce qu’il y a en cela une matérialité qui m’intéresse.
Tout d’abord, il y a un grain (mais toutes les machines ont un grain, même un ordinateur, un logiciel…) Mais j’aime particulièrement le rapport tout à fait matériel à la bande magnétique: ça se salit, ça vieillit, ça a une durée limitée, ça se ralentit et ça s’accélère évidemment… et de plus il y a une visibilité de l’impression du son sur la bande que l’enregistrement numérique n’a pas. Je ne me satisfais pas de voir sur un logiciel s’imprimer une forme d’onde, ça ne me convient pas. Ça c’est la première chose qui est assez inexplicable, je le dis très spontanément.
La seconde chose, et la plus importante pour moi, c’est le son. Le son analogique m’intéresse, j’aime ça. Et j’aime toute la palette que ça autorise, que ce soit l’utilisation du dictaphone, des Nagra, avec des trucs de très haute qualité et d’autres avec une qualité très différente, monophonique, tout filtré, pas d’aigus, pas de graves… Donc, dans ma pratique, avoir cette flexibilité-là, de l’outil, de la machine, avec plein de machines qui ont chacune un caractère, ça fait un mélange pour moi qui est très plaisant. J’ai toujours un ou deux magnétophones avec moi pour enregistrer des choses et mon écoute des sons est en quelque sorte de plus en plus travaillée ou passée au filtre de mes machines. Parfois, j’enregistre simplement des sons du quotidien, totalement anecdotiques, sans caractère inattendu ou inouï, juste parce que j’aime entendre comme les micros les capturent.

C’est toi qui enregistre les sons ?
A 90%, les sons que j’utilise sont des sons que j’ai enregistrés. Il y a du trouvé, mais quoiqu’il arrive, il y a toujours une manipulation de la source.

Par rapport à cette idée de manipulation, quand tu composes, tu as un son ; est-ce qu’il te dit quelque chose, est-ce que tu pars du son, où est-ce que tu sais déjà ce que tu vas faire ? Jusqu’à quel point la chose est-elle composée ? D’où tu pars ?
Je pense qu’il y a deux questions dans ta question. Où ça commence, je fais de moins en moins confiance à mes idées en amont. C’est à dire que j’ai des choses qui peuvent m’attirer, quand je récolte des sons, quand je les réécoute, quand je trouve des sons que je récupère sur des vieilles bandes. Mais je mets le son à l’épreuve des machines ou du feedback, du ralentissement etc., et là c’est la matière qui dicte elle-même ce que je vais en faire. C’est à dire que j’ai vraiment un travail de composition qui est en ce sens expérimental, les opérations que je fais sur le son me donnent ma matière. J’entends une transformation que j’ai fait de bandes originelles, et je me dis « Tiens, ce truc-là fonctionne ». Mon obsession c’est de savoir pendant combien de temps est-ce qu’elle fonctionne, jusqu’à quand telle matière tient mon écoute. (Evidemment c’est ma subjectivité dont je parle). Une fois que mon écoute ne tient plus, la question qui suit est « avec quelle autre matière la faire se cogner ? ». Par exemple, cette matière-là tient disons 20 secondes, la question est « Avec quelle autre matière la faire se rencontrer pour qu’il y ait de la surprise dans l’écoute, pour que l’une nourrisse l’autre ou la contredise, etc. » Le principe de mes compositions, c’est vraiment cette confrontation de matériaux les uns avec les autres. Combien de temps chaque chose dure, et comment les confronter les unes aux autres, pour générer de la complexité dans la forme ou dans les niveaux d’écoute. Je n’ai pas du tout envie de tomber dans le drone ou le confort d’écoute. C’est quelque chose qui m’obsède complètement.
Il y a beaucoup de musiques électroacoustiques ou électroniques qui, à mon avis (c’est peut être complètement faux, il faudrait en discuter avec les gens qui font ça), s’installent dans une espèce de confort du continuum et du drone, confort qui pour moi est probablement lié aux limites de la pratique de la musique électronique en live. On a beaucoup moins de flexibilité avec une machine qu’avec un instrument, et je pense qu’il est tout à fait naturel de se diriger vers des matières qui durent, qui tournent par elles-mêmes.  Puisqu’en live c’est très compliqué de transformer un matériau de manière très rapide. Ceci dit, certains travaux prouvent le contraire, mais c’est plutôt rare. Ça demande beaucoup de manipulation, de matériel, etc. Et donc je pense qu’il y a ce genre d’effets depuis les problématiques techniques du live, vers un certain effet formel dans la composition elle-même. J’ai l’impression que le drone est parfois une conséquence un peu vicieuse des limites techniques des machines en live. Et moi, toute ma problématique, (alors je ne sais pas du tout si ça marche, elle est en cours de travail), c’est surtout de ne pas me faire avoir par la machine. J’ai plein de magnétophones et plein de trucs parce que je ne veux pas mettre « play » et me dire « cette source a une certaine qualité, donc elle peut durer trente secondes, et pourquoi pas deux, cinq, sept minutes » ça ne me va pas du tout. Je pense qu’un son a une durée, et qu’au delà, ça ne fonctionne plus. Je ne veux pas la laisser filer.

Par rapport au public, quand tu manipules, tritures un son, est-ce que tu veux qu’il se fasse emporter par une histoire, par quelque chose ?
Je n’imagine rien dans ce qu’entend le public, je ne me situe que dans ma subjectivité de compositeur.  Après, une des choses que j’essaie de postuler, c’est l’intérêt de ce que je donne à voir. Et ça c’est aussi un problème que je me pose : qu’est-ce qu’on donne à voir quand le corps est derrière des machines ? C’est très compliqué, et je suis en train d’essayer de chercher des solutions, qui, je pense, ne sont pas encore bonnes. Mais je me pose la question, là, j’essaie de me mettre à la place du public. Qu’est-ce qu’il y a à voir quand un bonhomme ne fait juste qu’enclencher un magnétophone, activer des potards pour filtrer, tourner des potards de panoramiques… ?

C’est ce qu’on se disait avec un ami, oui. Et le seul geste clair qu’on pouvait discerner, c’était ce « clac » que tu faisais en actionnant un magnétophone. Mais c’est sûr que c’est compliqué, c’est depuis Kraftwerk avec cette histoire d’homme-machine, voire ils se débarrassaient du problème en envoyant des mannequins à leur place en concert… Ils avaient cette fascination mêlée de peur par rapport aux machines.
Mais ce n’est pas un petit problème, en fait, c’est une question passionnante. C’est un problème que je prends de pein fouet, parce que depuis quatre-cinq ans, j’ai vraiment une pratique du studio, c’est à dire que 98% de mon temps, je le passe entre deux enceintes, des machines, des tables de mixage et des magnétophones dans un studio où j’ai une position d’écoute préférentielle, où tout ce qui m’intéresse c’est qui va sortir des haut-parleurs. Et tout d’un coup, au moment où on passe à la scène, déjà, on ne peut pas déplacer le studio, donc il y a la problématique de ne pas sacrifier une certaine qualité de son. Ça, c’est un sacré dossier, parce qu’hier j’étais pas du tout satisfait de la qualité de son que j’avais, je trouvais ça pâteux. Alors, comment maîtriser la chaîne au possible, mais aussi avec les données propres au lieu, et le temps qu’on a ? Ensuite, quel intérêt à montrer son corps quand potentiellement le corps pourrait ne pas y être ? Tout ça, ce sont des vrais problèmes. Donc la composition pour le live n’est pas du tout la même que pour le disque. J’essaie de fabriquer une sorte de chaîne étrange entre le geste que l’on perçoit avec les yeux et ses effets sur ce que l’on entend. Cause/conséquence ? Conséquence retardée ? Cause invisible ? etc…

Et puis il y a l’acoustique de la salle sur laquelle compter…
Absolument. Il faut que j’y pense, et j’y pense en permanence, mais j’ai tellement de sources différentes à diffuser qu’il est extrêmement difficile, par exemple, de paramétrer toutes mes tranches, de faire une équalisation générale, ça n’a pas de sens. J’ai des sources qui sont très précises, j’en ai d’autres au contraire très floues, j’ai des choses très crades d’autres très propres… Donc comment « équaliser », quel rapport avoir avec l’espace, c’est vraiment complexe. Je ne diffuserais que des sinus, par exemple, je pourrais faire avec les données du lieu, calculer avec les fréquences qui résonnent beaucoup dans le lieu, ... Mais là, lorsque toutes les sources ont un caractère propre et que l’on a au mieux 2 ou 3 heures pour travailler dans l’espace, ça devient compliqué. Cela viendra sans doute avec plus d’expérience.
Pour l’instant, c’est une espèce d’imbroglio, et j’essaie de trouver la moins mauvaise alchimie. Après, on en discutait avec Eric Brochard, nous nous disions, pourquoi ne pas pousser le vice jusqu’à être totalement autonome sur le matériel, avoir tout ? Ça n’enlève rien aux spécificités du lieu, mais au moins, avoir tout depuis ce qui diffuse jusqu’à la matière de base, c’est à dire, depuis la bande magnétique jusqu’aux enceintes. Là hier, j’ai joué sur une sono qui n’est pas adaptée, je pense, à ce que je faisais, qui n’était pas précise, qui était trop grosse, trop floue, les pieds étaient trop hauts… Donc, jusqu’où on se fabrique ses instruments pour essayer de rétablir non pas les conditions du studio, mais essayer au moins d’avoir l’idée la plus précise de ce qu’on projette (Ce qui n’a rien à voir avec postuler ce que fabrique l’auditeur, je suis très clair avec ça).
Par rapport au public, j’essaie juste de donner quelque chose, une musique , qui permette à l’auditeur de se fabriquer son propre truc. Je ne suis pas un terroriste du son, ce qui m’intéresse, c’est de fabriquer une sorte de complexité dans l’écoute, même si les matières ou les formes sont elles, pauvres .

Tu n’as pas ce rapport au bruit, cette volonté d’agresser, d’aller dans l’extrême comme dans la Noise, Merzbow…
Je reconnais la qualité de ces travaux-là, j’aime ce que ça me fait physiquement, mais j’essaie d’avoir plus de liberté dans les types de sources. Ça m’intéresse d’être parfois quasiment à la limite du documentaire, dans le quotidien presque, puis d’avoir un point de bascule entre ça et de la matière très brute, brutale, une vraie matière sonore très abstraite, et puis de passer de l’un à l’autre. Que dans l’écoute il y ait une espèce de trouée. J’essaie vraiment de laisser un flou par rapport à ça, et moi aussi, ça m’excite d’être un peu perdu, de ne pas tout maîtriser dans la manière d’écouter ce que je produis.

As-tu des projets à venir ? Des collaborations, concerts, disques ?
La suite, ce sont des concerts ou des résidences à venir en France ou un peu à l’étranger, en solo toujours. Et puis aussi, je travaille à une nouvelle collaboration avec le sculpteur Loïc Blairon, une sorte de forme étrange qui se frotte à la question du mobilier et essaie de fabriquer quelque chose autour de cet espace figé qu’est souvent celui du concert. Que j’y prenne place avec ma musique pour donner à voir les choses sous un autre angle. C’est un travail en cours mais que j’ai hâte de mettre en œuvre.


Tous droits réservés.

jeudi 30 octobre 2014

Mémoire de M1 téléchargeable ici!

J'ai enfin fini de corriger mon mémoire de M1, dirigé par Makis Solomos et Frédérick Duhautpas dans le cadre de l'Université Paris VIII-Saint-Denis. Il est long, il est intense, il est un peu ardu des fois (153 pages).

Il y a des biographies de compositeurs minimalistes (La Monte Young, Philip Glass, Charlemagne Palestine...), des analyses de pièces de Phill Niblock, Eliane Radigue, Christian Wolff, et surtout le coeur du sujet, des analyses de presse française, depuis les articles des Chroniques de l'Art Vivant par Daniel Caux, jusqu'aux posts du Son du Grisli, en passant par les critiques de Karol Beffa dans Classica.

Il y a aussi dans une longue annexe des entretiens passionnants avec David Sanson (ancien journaliste à Classica, Mouvement et programmateur actuel des Bernardins), Stéphane Roux (directeur du label Shiiin), Tom Johnson (compositeur contemporain de Reich, Ashley, Radigue, élève de Morton Feldman et critique au Village Voice dans les années 1970), Joseph Ghosn (journaliste anciennement aux Inrocks, puis à Obsession, mais aussi écrivain d'essais sur La Monte Young, Sun Ra, et sur les médias numériques), Didier Aschour, (musicien notamment dans l'ensemble Dedalus)

La taille imposante (on m'avait demandé 75 pages environ) s'explique parce que je voulais mettre tout ce qui me passionnait sur ces musiques, mais plein de choses restent à peine effleurées, comme Wandelweiser, que j'ai tenu malgré tout à mentionner quand je pouvais, ou l'influence de Morton Feldman, les rôles de Dennis Johnson et de Terry Jennings dont on commence à peine à rendre compte, l'importance des pièces et de la pensée du compositeur Tom Johnson qui ira en grandissant dans le temps.

Des articles trouvés ne furent jamais mentionnés à ma connaissance comme ceux de Paul Alessandrini dans Rock & Folk ou ceux de Wachthausen, Macabru, Doucelin, et Baignières dans le Figaro. On rend même compte du passé de Karol Beffa comme critique dans Classica, dont il s'est d'ailleurs peu vanté par la suite... Bref, c'est assez riche pour que vous trouviez de quoi faire dans ce document, et j'espère que vous aurez autant de plaisir à le lire que moi à y chercher.

On peut laisser le mot de la fin à l'immense La Monte Young, et son humour très...particulier:

"Un jour j'ai essayé beaucoup de moutarde sur un navet cru. J'ai aimé ça plus que tout ce que j'avais jamais entendu de Beethoven".

Le fichier est téléchargeable ici.https://1fichier.com/?f99os4ba5a Le mot de passe est: "nonnonba"
Bonne lecture:

mercredi 29 octobre 2014

Illuminations 52 feat. Antoine (été 2014)


Salut!

La longue pause est terminée, je mets en ligne cette émission enregistrée avec Antoine, un jeune homme hyper cultivé et vraiment sympathique, rencontré via un webzine sur lequel je passe ma vie, Guts of Darkness. Il a amené les trois quarts des morceaux, et ça a pas mal débordé des deux heures. Une émission bien barrée!


Antoine va alterner pour cette saison ses émissions avec les miennes, il est dans des délires plus Musiques Improvisées, Noise, free, donc on pourra un peu se compléter!

Bonne écoute!

http://www.radiocampustours.com/media/podcast/illuminations/illuminations200914.mp3

Raymond Scott-Sleepy Time (Soothing Sounds for Baby Vol. 1 : 1 to Six Months; Epic 1962, reed. Basta 1997)
 
Hector Zazou, Bikaye + Cy1 : M'pasi ya m'pamba (Noir et blanc; Crammed discs; 1983)

Jon Hassell - Brian Eno : Chemistry (Fourth World Vol. 1 - Possible Musics; Editions EG; 1980)

Finis Africae : Hombres Trueno (thunder men) (El Secreto De Las 12 (The Secret Of 12 O'Clock); EM records; 2013)
   
Tom Zé : A noite do meu Bem (Todos os Olhos; Continental; 1973)
   
Terry Riley: Embroidery (Songs for the Ten Voices of the Two Prophets; Kuckuck 1983)

Harry Partch : Windsong (The Music Of Harry Partch; Composers Recordings Inc.; 1964)

Andreas Martin & Christoph Heemann : ...Und schritt rücklings ins Wasser, der aussicht Wegen (in v/a: Lebenserinnerungen Eines Lepidopterologen; Robot records; 1999)

Antoine Beuger: Tanzaku, for Eight Bowed String Instruments n°1 (A Young Person’s Guide to Antoine Beuger; Slub Music ; 2008)

Ross Bolleter : Axis (Secret Sandhills And Satellites; EMANEM; 2006)

Pierre Berthet: (Un Cadre de Piano Prolongé ; Sonoris ; 2000)
                              
Keiji Haino : Tenshi (Tenshi no gijinka; Tzadik; 1995)

Palestrina (erratum) (int. Harry Christophers, The Sixteen): Messe du Pape St Marcel-Gloria (in Allegri/Miserere; Coro 2003)
                                                                                                                                                            
Osso Exótico : Untitled  (sur VI- Church Organ Works; Sonoris; 1997)

Antoine Beuger: Tanzaku, for Eight Bowed String Instruments n°2 (A Young Person’s Guide to Antoine Beuger; Slub Music ; 2008)

 Wadada Leo Smith : A fullmoon purewater Gold (Lake Biwa; Tzadik; 2004)
   
Tomas Sikorsky (int. John Tilbury) : Zerstreutes Hinausschauen(1971) (For Tomasz Sikorski; Bocian Records; 2012)


Philip Corner: Gamelan (1975, in.3 Pieces for Gamelan; Alga Marghen; 1999; int. Son of Lion)

dimanche 20 juillet 2014

Dis, t'écoutes quoi en ce moment?

Là je viens de finir mon mémoire de Master 1, je vais le mettre en ligne cet été si tout va bien, juste deux-trois merdouilles à corriger, et refaire la mise en page. Donc je me repose un peu les oreilles, mais dernièrement j'écoutais beaucoup de choses tranquilles:


Le compositeur Tom Johnson m'a fait connaitre ce jeune compositeur ukrainien, Aalexey Shmurak, dont voici le soundcloud: https://soundcloud.com/alexey-shmurak. Plein de silences, de notes tenues, de tensions infimes... A surveiller, et faire jouer en France!

Kyle Bobby Bunn a le même âge, c'est plus de l'ambient-drone-néoclassique. A surveiller aussi, de mon côté je voudrais écouter les autres albums avant de me faire une idée, mais ça semble pas mal.

Je suis devenu accro à l'oeuvre de Jun Togawa! Cet album, Tama-Hime Sama est son plus connu, et contient tout ce que la chanteuse a de plus fascinant: son obsession des insectes, des monstres, son détournement de l'imagerie des "idol" japonaises, et les musiques parfois pop, parfois vraiment flippantes, ou perchées, détournant le canon de Pachelbell ou les musiques sud-américaines... Je vous conseille ce superbe site comportant pas mal de traductions de ses textes: http://www.togawajun.net/
Hosono est une légende de la pop japonaise (il a d'ailleurs composé la chanson-titre de l'album précédemment cité de Jun Togawa). Commençant sa carrière à succès avec le groupe Happy End, les "Beatles Japonais" au début des années 70, il fondera surtout avec Ryuichi Sakamoto et Yukihiro Takahashi le célèbre Yellow Magic Orchestra, pendant japonais de Kraftwerk, jouant sur l'autodérision japonaise, l'obsession de la technologie, et un dandysme que conservera Hosono pendant sa carrière solo. L'un de ses meilleurs albums est Philharmony, alternant ambient, world, synthpop, mais toujours avec cet humour, cette distanciation, même dans les moments les plus expérimentaux. Mais il y a aussi des gros hits comme Sports Men et Funiculi Funicula, qui déboîtent ta tronche avec des mélodies et beats imparables.


Sinon en vrac, Sun Ra, Fugazi, Wu-Tang Clan, Neil Young, Renaud, Ryuichi Sakamoto, Bruce Haack que je viens de découvrir, Brigitte Fontaine...

dimanche 22 juin 2014

Illuminations 50-2/06/14-Un peu de tout avec Louis en plus

Salut!
Voilà une émission un peu à l'arrache encore une fois, mais avec plein de trucs que je voulais mettre depuis longtemps, et faute de cadre ou de place, laissées de côté. Donc j'ai rassemblé un peu de tout ça, et Louis a complété avec une petite sélection de jazz en fin d'émission. C'était du direct, donc on s'est un peu lâchés (Pierre Boulez si tu nous entends), mais je pense que les morceaux valent le coup, nous en tout cas on a passé un super moment.

Donc du tibétain, du jazz, de la musique algérienne, du grand maître Pandit Pran Nath, du Rhys Chatham (entre minimalisme américain et punk rock), du rock régressif avec Dalida... 

Voilà le lien:

La playlist ressemble à ça:
Entreaty to the thre Buddha-Bodies/Invitation to Padma Sambhava, rec. John Levy (début années 1970) Tibetan Buddhist Rites from the monasteries of Bhutan Lyrichord 1993

Musique Tibétaine du Sikkim : Chant de caravaniers/Danse de Shigatsé ; rec.Serge Bourguignon-Disques Vogue, Collection Musée de L’Homme 1968

Pandit Pran Nath : Raga Shudh Sarang The Raga Cycle-Théâtre le Palace, 1972, Shri Moonshine 2006, 
La Monte Young & Marian Zazeela tempura, Terry Riley tablas

Algérie  (Sahara) : Chant Ahélil rec. Pierre Augier, EMI Italiana, 1975

Rhys Chatham: Guitar Trio (An Angel Moves Too Fast To See, Table of the Elements 2002)

Dalida : piste 2 (s/t 2014 Et mon cul c’est du tofu)

Ballades et fêtes en Roumanie, Le Chant du Monde Collection C.N.R.S-Musée de l’Homme 1985, rec. 
Jacques Bouët, Bernard Lortat-Jacob : l’adieu à la mariée

Henri Texier : le sage, le singe et les petits enfants (Amir, Eurodisc 1976)


Ibrahim Maalouf : Busy (Illusions, Mi’ster Productions 2013)

mardi 27 mai 2014

Dis, tu écoutes quoi en ce moment?

Albert Ayler In Greenwich Village
Workshop de Lyon-Musique Basalte
Silver Apples-le premier et Contact, que j'aime de plus en plus, alors que jusque là je le trouvais vraiment moins bon que le premier jet...
Against Me!Reinventing Axl Rose
Brian Eno-Music For Airports

lundi 26 mai 2014

Illuminations 49-19/05/14

Cette émission rend compte de pas mal de choses que j'ai découvertes en minimalisme, drone, et autres joyeusetés... Zoltan Jeney et Yoshi Wada, notamment, que je dois au livre de Joseph Ghosn sur La Monte Young, et aussi au top ten de musique minimaliste d'Alan Licht pour Halana (http://rootstrata.com/rootblog/?p=135). Et sur la fin, ça me semblait normal de passer du Robert Ashley, pour un hommage au bonhomme qui est mort récemment (cf. un de mes précédents posts...)
Voilà voilà, je sais pas encore ce que je prépare pour la suite, on verra!
Le lien:
http://www.radiocampustours.com/media/podcast/illuminations/illuminations190514.mp3
La prog: 
Steve Reich-Four Organs(1970), int. Bang on a Can, Nonesuch,2000

Urban Sax: s/t, 1977

Angus MacLise-Astral Collapse: 6th Face of the Angel

Young Marble Giants: Final Day (Peel Session, 1980)

Zoltan Jeney: Om Part 1 (Om, 1979-ed. 1986 Hungaroton)

Yoshi Wada-Live 1979: Lament for the rise of the elephantine crocodile

Richard Pinhas-Rhizosphère (Cobra, 1977): Rhizosphère

Robert Ashley (Private Parts, Lovely Music 1978): The Park